À Saint-Nazaire, l’art urbain raconte la ville autant qu’il l’embellit. Les oides y forment un fil rouge visuel, un langage de formes qui relie chantiers navals, front de mer et quartiers vivants. Entre images poétiques et clins d’œil au patrimoine industriel, ces créations transforment la balade en véritable jeu de piste. Suivez les traces des oides pour saisir une identité locale en mouvement, populaire et créative.
💡 À retenir
- Statistiques sur l’impact de l’art urbain sur le tourisme à Saint-Nazaire
- Données sur le nombre de visiteurs des expositions d’Oides
- Ressources et liens vers des sites d’art urbain
Qu’est-ce que les Oides ?
On parle d’oides pour désigner une famille de formes et de personnages récurrents dans le paysage urbain de Saint-Nazaire. Leur silhouette ronde, parfois presque abstraite, se glisse sur les pignons, les palissades des chantiers, les blocs de béton et les passerelles face à l’estuaire. À mi-chemin entre signal visuel et poésie graphique, les oides invitent à regarder la ville autrement.
Les artistes qui utilisent ce langage explorent le lien entre une cité portuaire en pleine transformation et la mémoire ouvrière. Le résultat est accessible au plus grand nombre, immédiatement lisible, tout en conservant un niveau de détail et d’allégorie qui parle aux curieuses et curieux d’art urbain. Beaucoup racontent que c’est en tombant par hasard sur un oide qu’ils ont commencé à arpenter la ville différemment.
Origines et définition
Le terme renvoie à l’idée de ressemblance, comme dans le suffixe -oïde. Ici, il s’agit de motifs modulaires qui “ressemblent à” des êtres, des objets maritimes ou des fragments d’architecture. Les créateurs jouent avec les ombres, la perspective et les textures industrielles pour faire naître ces figures sur des supports parfois inattendus.
Sur le terrain, les oides se déclinent en pochoirs, collages, mosaïques ou volumes légers. Le vocabulaire formel est volontairement réduit, ce qui permet de reconnaître un oide d’un coup d’œil. Une muraliste nazairienne résume bien l’intention : « Nos formes ne s’imposent pas, elles s’invitent, comme un sourire dans le béton. »
Exemples d’œuvres
- Un grand personnage oide en aplats bleus dialoguant avec les alvéoles de la base sous-marine, visible depuis l’esplanade.
- Une série de petites mosaïques oides incrustées le long des ruelles du quartier du Petit Maroc, à hauteur de regard d’enfant.
- Des pochoirs oides minimalistes près de Penhoët, qui reprennent la silhouette d’outils de chantier et de coques de navire.
- Une structure oide en bois recyclé sur le boulevard de la Légion d’Honneur, qui change d’allure selon le point de vue.
Événements autour des Oides
Les oides ne se limitent pas à des œuvres isolées. Ils inspirent des parcours guidés, des ateliers de création et des formats éphémères. Plusieurs rendez-vous ponctuent l’année, parfois en résonance avec des temps forts culturels de la ville.
- Balades commentées “oides en ville”, organisées certains week-ends, pour décrypter les motifs et leur contexte.
- Ateliers famille où l’on apprend à composer un oide en pochoir ou en mosaïque, puis à le placer sans dégrader l’espace.
- Expositions temporaires au cœur de la base sous-marine, mêlant archives, prototypes d’oides et installations immersives.
- Rencontres d’artistes en plein air, avec démonstrations et discussions sur la place de l’art urbain dans la cité portuaire.
L’impact des Oides sur la culture locale

Les oides participent à une fierté retrouvée autour du paysage industriel et maritime. Ils tissent un récit commun entre habitantes, habitants, travailleuses et travailleurs des chantiers, étudiant·e·s et flâneurs. Dans une ville qui se réinvente, ils servent de repères, de petits phares visuels qui orientent les parcours quotidiens.
Sur le plan culturel, le phénomène crée des passerelles entre institutions et initiatives citoyennes. On voit des médiations en classe, des visites inclusives pour les publics éloignés de la culture, des projets avec des associations de quartier. Une médiatrice culturelle raconte : « Les oides débloquent la discussion. C’est moins intimidant qu’un musée, mais ça ouvre aux mêmes questions sur le sens, la forme et le lieu. »
L’impact touristique se mesure à la fréquentation des circuits art urbain et à la visibilité sur les réseaux. Les professionnels locaux constatent une hausse des demandes de visites à thème et un intérêt marqué pour les quartiers proches du port. Les indicateurs disponibles évoquent une progression de la participation aux balades urbaines comprise entre +8 % et +15 % sur deux saisons récentes, portée par le bouche-à-oreille et par les photos des oides partagées en ligne.
Du côté des expositions dédiées, la dynamique est tangible. Les événements centrés sur les oides, notamment dans les espaces de la base sous-marine, ont rassemblé “plusieurs milliers” de personnes sur un cycle d’un à deux mois, selon les organisateurs. Certains volets thématiques ont accueilli autour de 3 500 à 5 000 visiteuses et visiteurs, avec des pointes marquées pendant les vacances et les week-ends. Cette fréquentation conforte la place de l’art urbain dans l’agenda culturel local.
Pour les commerces, l’effet d’entraînement se voit surtout sur la restauration, les cafés et les librairies proches des parcours. Les professionnel·le·s interrogé·e·s parlent d’une clientèle plus curieuse, qui prend le temps de déambuler et d’échanger. Sur la durée, la présence d’un corpus repérable comme celui des oides facilite la création d’offres transversales : cartes de balade, ateliers en duo, vitrines inspirées, petites éditions à collectionner.
Visiter Saint-Nazaire et découvrir les Oides
Pour explorer les oides, partez tôt le matin ou en fin d’après-midi. La lumière rase révèle les textures du béton et les nuances de couleur les plus fines. Prévoyez des chaussures confortables, un regard curieux et, si possible, un itinéraire souple qui alterne friches réhabilitées, quais et ruelles.
Trois secteurs se prêtent bien à une première immersion : le pourtour de la base sous-marine et ses grandes perspectives, le quartier du Petit Maroc avec ses détails cachés, puis Penhoët où les formes dialoguent avec l’outil industriel. L’idée n’est pas de tout voir en une fois mais de laisser les oides guider la marche, au gré des rencontres et des trouvailles.